En plein confinement, les acteurs culturels ivoiriens ont réfléchi à ce que devra être le Monde après la pandémie de la covid-19. Le single « Le Monde d’après » est le fruit de cette réflexion. Cette œuvre musicale collégiale réunissant des artistes de tout style musical, de toute discipline, ainsi que le clip qui l’accompagne ont été officiellement présenté au public le mardi 8 septembre 2020 à Cocody 2 plateaux les Vallons.
Réalisée par le collectif des acteurs culturels ivoiriens contre la Covid 19 (CACIC 19), l’œuvre a enregistré la participation d’une trentaine d’interprètes. Dont Aain Tailly, Adama Dahico, Maréchal Zongo, Amy Bamba, Taxi conteur, Chantal Djédjé, Aboutou Roots, Dan Log, Roger Gobéa, Adolphe Yacé, Vivi Makado, les slameurs de l’école des poètes, la compagnie N’Solêh, Be Ahissia, Falco, Jafaro etc, sous la direction d’Aristide Dicko. « Le Monde d’après » est l‘illustration du rêve des artistes ivoiriens pour leur pays. Un monde de paix, d’amour, d’unité, de solidarité, de respect de la nature, d’avenir radieux » a expliqué Alain Tailly, coordonnateur général du CACIC 19. Pour lui, la culture doit être au cœur du développement et les artistes doivent être des vecteurs de paix. Suite à la suspension des activités culturelles, due à la maladie à coronavirus, le CACIC 19 avait, sur la base d’une étude qu’il a menée sur l’impact financier de la Covid 19 pour le secteur de la culture, fait un plaidoyer auprès du gouvernement en vue de prendre des mesures d’accompagnement en faveur des acteurs culturels de toute discipline. « Globalement, notre plaidoyer a été pris en compte par Mme Raymonde GOUDOU COFFIE, ministre de la culture et de la francophonie, qui a dégagé une enveloppe de plus de 300 millions frs cfa pour soutenir les acteurs culturels » s’est réjoui Alain Tailly. Néanmoins, le coordonnateur général du Cacic 19 estime que beaucoup reste à faire pour le développement de la culture en Côte d’Ivoire.
Au Sénégal et au Burkina-Faso, les autorités mettent plus d’un milliard frs cfa à la disposition du secteur culturel, a-t-il comparé. A l’en croire, le Monde d’après doit se fait avec la culture qui doit bénéficier d’un plus grand financement. Le monde d’après, c’est aussi pour les artistes, de s’adapter au nouveau modèle économique de la culture, ils doivent se mettre au digital et au numérique afin de conquérir d’autres marchés, suggère le CACIC 19.
Aussi, en collaboration avec le bureau Unesco Abidjan, met-il en place une plateforme numérique pour promouvoir et mieux vendre les œuvres des artistes ivoiriens. Dans ce sens, le CACIC a organisé un atelier de formation au numérique en faveur de ses membres estimés à plus de 500 artistes de toute discipline. Le clip et le sigle « Le monde d’après » sont gratuitement disponibles sur les plateformes de téléchargement, précise-t-on. Le single « Le Monde d’après » pourrait servir de chanson de sensibilisation à la maladie à coronavirus pour le ministère de la santé, estiment certains spécialistes
Adama Traoré