« Je suis peinée et très triste de voir aujourd’hui, après plus de 25 ans d’expérience, que n’importe qui se lève, sans aucune formation et s’improvise manager d’artiste ». C’est le regret de Sophie Kouadio, première femme manager d’artiste en Côte d‘Ivoire, rencontrée dans le cadre d’un atelier de formation en faveur des membres de l’association des managers d’artistes de Côte d’Ivoire, AMPACI
A l’écouter, l’on retient que n’importe qui ne peut pas se revendiquer manager d’artiste. « Le manager, c’est le stratège, celui qui planifie 95% des actions de la carrière d’un artiste », explique celle qui fut pendant longtemps manager de l’emblématique duo Yodé & Siro et bien d’autres artistes. A croire la dame en « acier » du show-biz ivoirien, certains artistes sortent des œuvres et prennent leur petit frère ou leur cousin comme manager. « Et c’est l’échec programmé. C’est comme ça que de nombreux artistes talentueux sont passé à côté d’une belle carrière », révèle-t-elle. Elle invite donc ceux qui veulent gérer la carrière des d’artistes, à suivre des formations en management, en informatique, en droit, en économie…
Pour contrer tous ces manquements, Sophie Kouadio donne un conseil précieux à ceux qui protègent et défendent, en toutes circonstances, les intérêts artistiques, moraux et financiers des artistes qu\’ils représentent. Selon elle, les managers d’artistes doivent comprendre que le secteur culturel évolue très vite et s’adapter à chaque défi. Comme c’est le cas actuellement avec la pandémie de la Covid-19.
Membre fondatrice de l’association des managers d’artistes de Côte d’Ivoire (AMPACI) en 2004, elle se réjouit donc de l’organisation d’un atelier de formation en faveur des membres de l’AMPACI dirigée par son président Gervais Guess. Il y a, en effet, quelques semaines, au palais de la culture de Treichville, les managers d’artistes ont bénéficié d’une formation à l’utilisation du digital afin d’être présents sur l’Internet et donc de travailler sur le numérique. Aux dires de Sophie Kouadio, malgré la pandémie de la covid-19, qui a occasionné la fermeture des lieux de spectacles et le ralentissement des activités culturelles, la maitrise du digital permet aux managers d’artistes de continuer à travailler. De plus, elle est convaincue que les membres de sa corporation seront mieux outillés pour conquérir le marché international. L’AMPACI revendique plus de 500 membres qui bénéficieront d’une série de formations multidisciplinaires dans les prochains mois, indiquent ses responsables.
Adama Traoré