À l’occasion de la Journée internationale du jazz, Waw!Africa a donné le coup d’envoi de sa tournée ‘’Waw!Abidjan’’, jeudi 30 avril 2026 à Abidjan-Plateau. Avec le soutien de la Mairie du Plateau, le spectacle a réuni artistes et public autour de créations mêlant jazz et musiques traditionnelles, avec un clin d’œil appuyé au peuple atchan, propriétaire terrien d’Abidjan.
Pour Marie-Stella Gadeau, directrice de Waw!Africa et secrétaire générale de la Fondation Dez Gad, cette date est chargée d’émotion : « Le 30 avril, c’est non seulement la célébration de la Journée internationale du jazz, mais c’est une date spéciale pour nous. Elle marque le rappel à Dieu de Désiré Gadeau. Mon cœur est en émoi aujourd’hui ». L’événement a d’ailleurs rendu hommage à l’héritage de Dez Gad et à la vision culturelle portée par sa famille.
De L’Émoi du Jazz à Waw ! : une nouvelle aventure
« On a voulu faire un événement qui soit une synergie de tous les événements qu’on a déjà faits », explique Marie-Stella Gadeau. Avec notamment tapis rouge comme à L’Émoi du Jazz, after work au Music’All façon jazz club, et lancement de la tournée Waw!Abidjan.
Mais Waw!Africa n’est pas L’Émoi du Jazz. « L’Émoi du Jazz, c’est un festival où l’artiste vient jouer son répertoire. Waw!Africa fait des synergies musicales entre les musiques traditionnelles des territoires et des musiques modernes », précise la promotrice et d’élaborer : « On ne peut pas faire un Waw si on n’a pas vu les propriétaires terriens. L’idée, c’est de connaître une région à travers sa musique. La culture est dans la musique ».



Un modèle plus souple, tourné vers la découverte
« Waw est une version qui a répondu aux soucis que les promoteurs ont dans les festivals. Le modèle économique n’est pas évident. Si tu n’as pas des grands sponsors, c’est parfois compliqué », note-t-elle. « Waw n’est pas compliqué. C’est une nouvelle histoire. On continue de célébrer, mais c’est une nouvelle aventure ».
Pendant l’échange, un rappeur jouait sur du jazz. « Lui-même, il n’a jamais pensé à faire quelque chose avec les musiques traditionnelles. Mais quand tu as écouté quelque chose d’une voix et que tu as trouvé que c’est chic, tu peux aller écouter encore. La seule chose qu’on fait aux jeunes, c’est de leur faire écouter quelque chose de nouveau. Tu peux aimer ou pas, mais tu vas dire : je connais ».



De Korhogo à Assinie, cap sur Abidjan
Waw!Africa a déjà sillonné la Côte d’Ivoire : « On a été avec le peuple Nzima à Grand-Bassam. On a fait un beau spectacle. On a été à Korhogo avec les panthères du Poro, sur le mont Korhogo. Après cela, on est allé à Assinie avec le royaume Essouma. On a fait un spectacle sur l’eau. De la montagne à l’eau. Et puis là, on a pensé qu’il était temps de faire un Waw à Abidjan ». Une collaboration avec le peuple Tchaman.
Malgré sa bonne volonté, des difficultés jalonnent son chemin. « Dans tous les cas, il n’y a rien qui est facile. Aujourd’hui, on tient par la foi. C’est la foi qui finance tout ce qu’on fait. On tient par l’amour », conclut Marie-Stella Gadeau.
WAW!Africa poursuit ainsi sa mission : valoriser les cultures locales à travers des événements accessibles, où le jazz sert de fil conducteur pour créer des ponts entre générations, territoires et genres musicaux.
Par D.T.